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Mon projet scientifique
a deux objectifs complémentaires :
Le premier objectif consiste à développer nos
connaissances des processus cognitifs mis en jeu dans le jugement
et la communication de l'ncertitude, et la prise de décision.
Le second objectif consiste à évaluer
les conséquences de l'application de ces mécanismes
en situations complexes de travail en vue de définir et
mettre en place des procédures d’aide et d’apprentissage
ciblées visant à améliorer les jugements
et les décisions des individus.
Ma recherche s’organise en trois axes
:
Le premier axe consiste à étudier
les processus cognitifs mis en jeu dans la production du jugement
de probabilité a posteriori.
Ces recherches s’inscrivent dans la continuité de
mes travaux de thèse. Un premier ensemble d'études
vise à étudier le rôle de la représentation
et de la compréhension de texte dans la production de ces
jugements. Ce travail d'analyse devrait permettre de mieux comprendre
l’origine des erreurs de jugement observées et, également,
de développer des aides ciblées et efficaces pour
améliorer ces jugements.
Une partie de ces recherches a été
financée par une bourse d’études post-doctorales
de la fondation Fyssen (Paris).
Dans cet axe de recherche, je travaille également sur
un projet visant à compléter mes travaux de thèse
portant sur le paradigme du jugement social. Il est généralement
accepté dans la littérature que ces jugements résultent
de l’application de l’heuristique de représentativité.
Cependant, une étude des réponses individuelles
suggère que seulement 10% des individus utilisent cette
heuristique de façon systématique. Il s’agira
donc d’établir quelles sont les stratégies
évaluatives qui sous-tendent les jugements des autres individus
dans ce paradigme.
Le second axe consiste à étudier
le rôle des inférences pragmatiques dans la communication
des risques. Je collabore sur ce thème avec le Pr. Denis
Hilton de l’Université Toulouse-II sur une étude
portant sur les fonctions pragmatiques de mots probabilistes et
des quantificateurs dans le domaine de la communication en contexte
médical et commercial. J'ai également publié
des travaux avec Jean-François Bonnefon qui montrent que
les mots de probabilité sont parfois utilisés comme
une marque de politesse plutôt que comme un moyen de communiquer
de vagues 'incertitudes.
Le troisième axe consiste à étudier
les jugements et les prises de décisions telles qu’ils
se manifestent en situations réelles de travail.
Mes activités de recherche fondamentales et appliquées
sont essentiellement motivées par un objectif d’aide
à l’amélioration des jugements et des prises
de décision en situation de travail.
En particulier, je suis impliquée dans le projet de recherche
BEEP (Bayesian Elicitation of Experts’ Probabilities), dirigé
par le Pr. Tony O’Hagan et financé par le ministère
de la santé britannique (NHS). Ce projet vise à
définir les meilleures procédures « d’élicitation
» des connaissances des médecins experts, notamment
des distributions de probabilité, en tenant compte des
biais de jugements.
Je travaille également en collaboration avec le Pr. Laurence
Alison de l’INCSCID (the International Centre for the Study
of Critical Incident Decision Making) et Ciaran O’Keeffe
sur un projet visant à étudier l’impact du
biais de rétrospection (hindsight bias) et de la nécessité
de répondre de leurs actes sur les prise de décisions
des officiers de polices en situation d’incidents critiques
réels (incidents de tirs, enquêtes criminelles, prises
d’otages). |